Analyse

Que de Melchie oubliées dans le désert du football !

 

Par Merlyne Pierre Louis

Le football haïtien vit une crise profonde, et cette situation n’est guère favorable aux jeunes espoirs. Le 4 novembre 20 21 restera une date marquante dans l’histoire du football haïtien, c’était la fermeture du Ranch Croix-des-Bouquets, un centre d’excellence pour la formation des jeunes talents du football haïtien, ce qui a plongé dans l’incertitude l’avenir de plusieurs jeunes footballeuses et footballeurs. Cette fermeture est survenue suite à une série de menaces accompagnées de violences physiques perpétrées par des groupes armés qui terrorisent l’arrondissement de Croix-des-Bouquets, un secteur en proie à une insécurité grandissante.

Avant cette fermeture, le Ranch Croix-des-Bouquets représentait un véritable vivier de talents, où des jeunes joueuses comme Melchie Dumornay s’épanouissaient. Aujourd’hui, Melchie Dumornay, la meilleure joueuse de la Caraïbe et l’une des figures majeures de l’Olympique Lyonnais, incarne l’espoir du football féminin haïtien. Mais au-delà de son succès, une question se pose : combien de jeunes talents, comme elle, ne peuvent s’éclore dans le désert du football haïtien à cause de la fermeture du centre ?

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Depuis 2021, les footballeuses qui s’entraînaient au Ranch sont éparpillées et l’on ne sait plus ce qu’elles sont devenues. À l’approche de la fin de cette année, l’incertitude plane sur l’avenir de ces jeunes. Nul doute que parmi elles, il est possible qu’il y ait d’autres Melchie Dumornay en devenir, qui, sans un centre de formation adéquat, n’ont pas eu la chance de briller sur la scène internationale.

Malgré ce déclin du football haïtien, la sélection féminine a tout de même réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde et à participer à d’autres compétitions majeures. Mais la question reste : qui succédera à cette génération de joueuses exceptionnelles ? Les résultats récents des équipes juvéniles féminines soulignent l’urgence d’une réforme et d’une réorganisation du système de formation.

Il est grand temps de se poser des questions sur l’avenir du football en Haïti. Pourquoi la Fédération Haïtienne de Football (FHF) ne pense-t-elle pas à délocaliser le centre de formation vers une zone loin des zones d’influence des gangs ? À cet égard le Cap-Haïtien pourrait offrir un environnement moins turbulent pour les jeunes joueuses ? Un tel projet est réalisable si un budget est alloué et si les instances concernées, notamment la MJSAC, s’impliquent pour assurer la pérennité du football féminin haïtien.

Il est temps de passer à l’action et de ne plus se contenter de faire la détection des talents lors d’une compétition. Il est essentiel d’offrir un espace permanent aux jeunes footballeuses comme pour les footballeurs pour se préparer dans de bonnes conditions, loin du chaos. Si nous voulons préserver l’avenir du football en Haïti, il est impératif de prendre des mesures concrètes pour sauver nos jeunes de ce désert du football haïtien. Il est encore possible de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

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