Cap-Vert : le petit poucet qui fait trembler les géants du football mondial
S’il y a une équipe qui symbolise la magie de cette Coupe du monde, c’est bien le Cap-Vert. Pour sa toute première participation à une phase finale mondiale, la nation insulaire africaine est en train de déjouer tous les pronostics et de s’imposer comme la véritable révélation du tournoi.
L’exploit est déjà historique avant même le coup d’envoi de la compétition. Avec seulement 4 033 km² de superficie, le Cap-Vert est devenu le plus petit pays africain à se qualifier pour une Coupe du monde. À l’échelle mondiale, il n’est devancé que par Curaçao, autre novice de cette édition 2026, dans le classement des plus petites nations à avoir atteint le plus grand rendez-vous du football.
Pourtant, rien ne semblait sourire aux Requins Bleus lors du tirage au sort. Le Cap-Vert a hérité d’un groupe particulièrement relevé composé de l’Espagne, championne du monde 2010, de l’Uruguay, double champion du monde, et de l’Arabie saoudite.
Sur le papier, la sélection cap-verdienne semblait condamnée à jouer les figurants. Son effectif est loin de rivaliser avec ceux des grandes puissances mondiales. L’équipe s’appuie notamment sur un gardien de 40 ans, Josimar José Évora Dias « Vozinha », qui évolue en deuxième division portugaise. Elle ne compte qu’un seul joueur évoluant dans l’un des cinq grands championnats européens : le défenseur Logan Costa, pensionnaire de Villarreal en Espagne. Plus surprenant encore, onze joueurs convoqués pour cette Coupe du monde sont âgés de 30 ans ou plus.
Mais depuis le début de la compétition, les Cap-Verdiens démontrent que les statistiques et les réputations ne gagnent pas les matchs.
Lors de leur première sortie, ils ont tenu tête à l’Espagne dans un match qui s’est soldé par un nul vierge (0-0). Héros de la rencontre, Vozinha a multiplié les arrêts décisifs face aux attaquants espagnols et a été élu homme du match.
Beaucoup pensaient alors que cette performance n’était qu’un exploit isolé. Le Cap-Vert a répondu de la plus belle des manières en accrochant ensuite l’Uruguay (2-2), récoltant ainsi un deuxième résultat positif face à une ancienne championne du monde.
Après deux journées, les Requins Bleus occupent une position idéale pour rêver d’un exploit encore plus grand. Une victoire contre l’Arabie saoudite lors de la dernière journée leur assurerait une qualification historique pour les seizièmes de finale.
Mieux encore, le Cap-Vert pourrait même terminer en tête du groupe. Un scénario qui paraissait totalement inimaginable avant le début du tournoi. Pour cela, les insulaires devront s’imposer tandis qu’un match nul entre l’Uruguay et l’Espagne, ou même une défaite espagnole, pourrait leur ouvrir les portes de la première place selon la différence de buts.
Quelle que soit l’issue de cette dernière journée, le Cap-Vert a déjà marqué cette Coupe du monde de son empreinte. Avec un effectif composé en majorité de joueurs évoluant loin des projecteurs, un gardien quadragénaire devenu héros national et une première participation historique, la petite nation africaine rappelle au monde entier que le football demeure le sport où les rêves les plus improbables peuvent devenir réalité.
Jusqu’à présent, aucune équipe n’a davantage captivé les amateurs de football. Le Cap-Vert n’est plus seulement un outsider : il est la sensation de cette Coupe du monde.
Par Mythsouka Jean-philippe
