«Des commentaires de bas étage» avec un dispositif basique !

 

 

Alors qu’il qualifiait régulièrement les commentaires des analystes du football de « critiques de bas étage », Sébastien Migné n’a pourtant pas démontré toute l’étendue de ses capacités face au Brésil. L’équipe haïtienne a encaissé trois (3) buts dès la première période, conséquence d’un choix tactique extrêmement conservateur avec un système en 5-4-1, une approche dictée davantage par la peur que par l’ambition.

Dans le football moderne, les grandes nations n’abandonnent plus leurs principes par crainte de l’adversaire. Pourtant, le sélectionneur français a opté pour un schéma qui ne correspondait ni aux qualités techniques ni aux profils de ses joueurs. Résultat : une équipe sans repères, incapable de ressortir les ballons et constamment sous pression.

Car un dispositif tactique ne se choisit pas en fonction de l’adversaire uniquement, mais surtout en fonction des qualités et des caractéristiques des joueurs disponibles. Une équipe construit son identité autour de ses éléments. Dans le cas d’Haïti, les profils présents dans l’effectif semblent davantage adaptés à un système en 4-2-3-1, capable d’exploiter la vitesse des ailiers, la créativité du milieu offensif et les qualités de projection de plusieurs joueurs. En s’éloignant de cette logique, Sébastien Migné a donné l’impression de renoncer à ses propres forces avant même le coup d’envoi.

Au-delà de l’aspect tactique, les choix de Sébastien Migné soulèvent également de nombreuses interrogations. Le sélectionneur semble davantage privilégier la récompense de certains cadres que la logique de performance.

Le cas de Johnny Placide en est l’exemple parfait. Le gardien a passé une grande partie de la saison blessé et a terminé l’exercice sur une relégation avec le SC Bastia en troisième division française. Pendant ce temps, Alexandre Pierre a été l’un des artisans de la montée du FC Sochaux en Ligue 2 grâce à des performances convaincantes. Pourtant, Migné a préféré l’expérience au mérite sportif.

Même constat en attaque. Frantzdy Pierrot, peu utilisé en club ces derniers mois, a été titularisé alors que Lenny Joseph sortait d’une saison remarquable avec seize réalisations. Wilson Isidor, auteur d’une campagne solide dans un championnat plus compétitif, a lui aussi débuté sur le banc. Des choix qui laissent perplexes et qui renforcent l’impression que certains statuts sont devenus intouchables en sélection.

Plus inquiétant encore, Sébastien Migné semble avoir sous-estimé l’importance de la concurrence et de la forme du moment. Une sélection nationale ne se construit pas sur la reconnaissance du passé, mais sur les performances du présent.

Face au Brésil, Haïti n’a pas seulement perdu un match ; elle a donné l’image d’une équipe sans identité claire, sans audace et sans véritable plan de jeu. À ce niveau de compétition, les erreurs se paient cash, et celles commises par le sélectionneur ont coûté très cher aux Grenadiers.

Si Sébastien Migné estime que les observateurs ne comprennent rien au football, la prestation d’Haïti contre le Brésil démontre au contraire que les critiques formulées depuis plusieurs mois n’étaient peut-être pas si infondées. Car avant de mépriser les analyses extérieures, encore faut-il être capable d’apporter des réponses convaincantes sur le terrain.

Après cette nouvelle désillusion, une question devient inévitable : Sébastien Migné possède-t-il réellement les compétences nécessaires pour conduire Haïti vers un nouveau palier, ou ses limites apparaissent-elles déjà au grand jour face aux grandes nations du football mondial ?

Par Pierre-François Dieufils

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