Le poids des ans Alourdit Placide , l’heure de la relève pour Haïti ?
Depuis 2008, Johnny Placide est une véritable institution dans les buts de la sélection haïtienne. Il nous a offert des arrêts spectaculaires, des parades qui faisaient vibrer tout un pays. Face aux grands attaquants, en Ligue 1 ou sur la scène internationale, il a souvent été notre bouclier, notre fierté. Il a arrêté des penalties, repoussé des tirs puissants, et porté haut les couleurs des Grenadiers. Pour tout ça, on ne pourra jamais assez le remercier.
Mais voilà, à 38 ans, le corps parle. Et ce qu’on voit sur le terrain commence à inquiéter. Son physique semble plus lourd, son agilité sur sa ligne n’est plus la même. Hier soir, à Philadelphie, face au Brésil, les trois buts encaissés ont mis en lumière des difficultés qui ne datent pas d’hier.
Retour sur des signes avant-coureurs
Ce n’est pas la première fois qu’on observe ces failles. Contre le Pérou, en match amical, le premier but vient d’un ballon que Placide repousse directement dans sa surface. L’attaquant adverse n’a eu qu’à pousser le rebond au fond des filets.
Face à l’Écosse, même scénario : une frappe repoussée par le gardien, mais le ballon reste dans la zone dangereuse. McGinn, à l’affût, reprend et marque. Un classique du genre, qui commence à devenir récurrent.
Hier contre le Brésil : les trois buts qui font mal
Le premier but brésilien est presque une copie des précédents. Vinicius Jr envoie une frappe puissante. Placide repousse, mais encore une fois, le ballon traîne dans sa surface. Il est au sol, lent à se relever, et Matheus Cunha en profite pour pousser le ballon dans le but vide. Ce n’était même pas un tir, juste une déviation d’un dégagement du défenseur haïtien, Hannes Delcroix.
Le deuxième but ? Cunha est excentré côté gauche. Il frappe au premier poteau, un angle très fermé. Placide tente de plonger, mais il fait une culbute et se retrouve dos au sol, impuissant. On a vu un gardien déséquilibré, qui n’a pas pu se déployer correctement.
Le troisième but est le plus parlant. Vinicius Jr se retrouve seul face à Placide. Il feinte, prend le temps, et au lieu de chercher la lucarne, il envoie une frappe rasante au deuxième poteau. Le problème ? Placide a les pieds en l’air, il n’est pas ancré au sol, et le ballon passe en dessous de lui. Un geste qui aurait été impensable il y a quelques années.
Un grand gardien, mais jusqu’à quand ?
On ne remet pas en cause son passé glorieux. Placide restera une légende du football haïtien. Mais aujourd’hui, son corps ne suit plus. Ses relances au pied sont souvent imprécises, ses déplacements sont lents, et il semble avoir perdu cette détente qui faisait sa force.
Peut-être que son rôle devrait désormais être un autre : transmettre son expérience aux jeunes gardiens, les accompagner, les conseiller. Mais sur le terrain, comme titulaire indiscutable, la question se pose. Les jeunes peuvent faire des erreurs, c’est normal, mais ils apportent aussi de l’énergie, de la fougue, et surtout une agilité que Placide n’a plus.
L’heure du changement ?
Il est temps de penser à l’après-Placide. Pas pour l’oublier, mais pour préparer l’avenir. La sélection a besoin d’un gardien qui rassure, qui inspire confiance, et qui peut encore courir après les ballons sans être essoufflé. Placide a écrit une belle page de l’histoire, mais il ne faudrait pas que cette page se termine par des erreurs qui coûtent cher à l’équipe.
Les supporters aiment leur équipe, et ils aiment Placide. Mais ils aiment aussi voir des Grenadiers combattifs, agiles, prêts à tout pour défendre leurs couleurs. Alors, est-ce que le moment n’est pas venu de tourner la page ? La décision est difficile, mais elle est nécessaire. Pour le bien de l’équipe, et pour le respect de celui qui a tant donné.
