Autour de Melchie, Pia doit bâtir une vraie équipe
Par James Bake
Quand le talent individuel ne suffit plus à masquer les failles collectives, il devient urgent de repenser l’équilibre et l’exigence au sein des Grenadières.
L’arrivée d’une technicienne de haut niveau comme Pia Sundhage à la tête de la sélection féminine haïtienne a suscité beaucoup d’espoir. Une vision moderne, une expérience internationale et une rigueur tactique qui devraient permettre aux Grenadières de franchir un cap. Pourtant, sur le terrain, certaines réalités persistent : toutes les joueuses sélectionnées ne semblent pas répondre aux exigences du très haut niveau. Dans un football de plus en plus compétitif, le talent seul ne suffit pas, il faut une cohérence globale.
Le contraste est frappant. D’un côté, Haïti dispose d’une véritable étoile mondiale en la personne de Melchie Daëlle Dumornay, joueuse capable de faire basculer un match à elle seule, d’élever le rythme et d’inspirer toute une génération. De l’autre, certaines lacunes collectives restent visibles : manque de rythme, insuffisance technique, et parfois même une lecture du jeu limitée chez certaines joueuses.
Cette situation crée un déséquilibre inquiétant. Voir Melchie évoluer, c’est parfois assister à une performance individuelle exceptionnelle qui masque les carences d’ensemble. Elle devient cet “arbre majestueux” qui cache une forêt fragilisée, voire en difficulté. Mais à ce niveau, aucune joueuse, aussi brillante soit-elle, ne peut porter seule une équipe vers les sommets.
Le parallèle avec la sélection masculine est évident. Chez les Grenadiers, l’intégration de joueurs évoluant dans des championnats compétitifs et haut niveau a permis d’élever le niveau global. Pourquoi ne pas appliquer cette même logique chez les Grenadières ? Le Comité de Normalisation de la FHF doit jouer pleinement son rôle en imposant des critères de sélection stricts, basés sur la performance, la régularité et l’engagement et non le Zanmitay.
Construire une grande équipe autour de Melchie ne signifie pas dépendre d’elle, mais plutôt l’entourer de joueuses capables de comprendre son jeu, de soutenir son intensité et de partager les responsabilités. Si Haïti ambitionne de briller sur la scène internationale, il faut oser des choix forts : renouveler, évaluer, et parfois écarter celles qui ne répondent plus aux exigences.
Le talent de Melchie Dumornay est une bénédiction pour Haïti, mais il ne doit pas devenir un alibi pour masquer les insuffisances structurelles de la sélection féminine. Le véritable défi aujourd’hui est collectif : bâtir une équipe solide, compétitive et cohérente. Car les grandes nations ne reposent pas sur une seule étoile, mais sur une constellation de talents.
