État déplorable du stade Roger Zami, un choix irrespectueux envers les Grenadières
Par James Bake
Quand un terrain aussi lamentable tue le spectacle et trahit nos joueuses.
Ce qui s’est passé au Stade Roger Zami dépasse le simple cadre d’un match raté. C’est une véritable insulte au football féminin haïtien. À ce niveau de compétition, offrir un terrain aussi dégradé, irrégulier et indigne relève soit d’un manque flagrant de professionnalisme, soit d’une négligence coupable. Et dans les deux cas, cela exige des comptes. Car ce ne sont pas seulement des joueuses qui ont été pénalisées, c’est toute une nation qui a été frustrée.
Dès les premières minutes, le constat était accablant : un ballon imprévisible, des passes hachées, des contrôles approximatifs non pas à cause du manque de talent, mais à cause d’une pelouse incapable de répondre aux exigences du football moderne. Comment évaluer le vrai niveau d’une équipe dans de telles conditions ? Impossible.
Ce terrain a nivelé le jeu vers le bas. Les joueuses techniques ont été neutralisées. Le collectif a été désarticulé. Le spectacle, lui, a été sacrifié. Et pourtant, derrière cette mascarade, certaines vérités dérangeantes persistent : oui, certaines joueuses n’ont pas le niveau attendu. Mais comment juger objectivement quand l’environnement lui-même sabote toute expression du jeu ?
La vraie question est ailleurs : qui a validé ce choix ? Qui a estimé qu’un match international pouvait se jouer dans de telles conditions ? Ce n’est pas une erreur anodine. C’est une décision lourde de conséquences. Une décision qui trahit soit une méconnaissance totale des exigences du haut niveau, soit un mépris inquiétant pour le football féminin.
Dans un contexte où Haïti lutte déjà pour donner de la crédibilité et de la visibilité à ses sélections féminines, ce genre de choix est un sabotage pur et simple. On parle souvent de développement, de progression, d’investissement… mais comment avancer quand les bases mêmes comme le choix du terrain sont aussi mal gérées ?
Et que dire des responsables ? Silence radio. Aucune explication. Aucune prise de responsabilité. Comme si ce fiasco était normal. Comme si nos joueuses méritaient de jouer dans de telles conditions.
Ce match ne doit pas être oublié. Il doit servir d’électrochoc. Le football haïtien, surtout féminin, mérite du respect, de la rigueur et une vraie vision. Celui ou celle qui a validé ce terrain doit être identifié et doit s’expliquer. Car à ce niveau, l’amateurisme n’est plus une erreur c’est une faute.
Le football est un langage universel. Mais sur un terrain aussi lamentable, même les plus talentueuses deviennent muettes. Et ça, c’est inacceptable.
