
Par : Jean Marvens Rochebrun
Théodore Djuny a fait un choix qui dépasse le sport : celui de fuir son pays pour le salut familial. Une décision déchirante, à la veille de la phase finale de coupe du monde des moins de dix-sept ans au Qatar dont l’équipe haïtienne est l’une des participantes .
Ils devaient vivre un rêve. S’envoler pour le Qatar, représenter les couleurs sang et bleu d’Haïti sur la plus grande scène junior du football mondial. Mais pour Théodore Djuny, le pilier des Grenadiers, ce rêve s’est transformé en un dilemme déchirant. À quelques jours du coup d’envoi, l’équipe nationale U17 est saignée : son joyau, son numéro 10, a quitté le groupe.
Sa raison ? Elle est loin des terrains de jeu. Elle se niche dans la dure réalité d’un pays en crise et dans les yeux fatigués d’une mère. Théodore n’a pas fui par caprice, mais par devoir. Pour lui, il était temps « d’agir en homme de maison ».
Alors que les rumeurs grondaient, c’est par une note vocale, à la voix lourde de tristesse et de détermination, qu’il s’est adressé à un être cher à ses yeux. Des mots bruts, un cri du cœur qui résonne bien au-delà du vestiaire :
» Vous connaissez bien ma situation, vous savez ce que ma mère fait pour survivre et assurer ma survie. C’est le moment (…) de sauter sur cette opportunité. «
Cette opportunité, c’est une porte qui s’ouvre en France. Un contrat, une lueur d’espoir dans une vie assombrie par l’impitoyable réalité haïtienne. » Retourner en Haïti n’était vraiment pas envisageable « , confie-t-il, pointant du doigt l’enfer économique et sécuritaire, et la mort du football officiel dans le pays.
Le drame de cette défection prend une ampleur particulière quand on regarde les chiffres. Pour cette Coupe du Monde, l’État haïtien et des sponsors ont injecté une somme colossale, avoisinant les 2,5 millions de dollars. Une manne financière censée porter les espoirs d’une génération.
Pourtant, sur le terrain, quel avenir pour un jeune talent comme Théodore ? Il pose la question cruelle : » Une éternité à jouer le football en Haïti n’apportera rien dans la vie du joueur de gratifiant. « Un constat amer qui interroge la gestion du sport dans son pays et la promesse trahie d’un avenir meilleur par le football.
Avant de lancer la pierre à ce jeune homme de 17 ans, il faut entendre la fin de son message. Il ne tourne pas le dos à son amour du football, mais à l’impasse dans laquelle il se trouve.
» Ceci étant dit, je n’oublierai pas le football, je vais continuer à jouer, mais dans une sphère plus recommandée que Haïti. «
Théodore Djuny n’a pas choisi la gloire éphémère d’un Mondial. Il a choisi l’exil, le combat, et l’espoir ténu de pouvoir, un jour, subvenir aux besoins de celle qui a tout sacrifié pour lui. Son histoire n’est pas celle d’une trahison, mais celle d’un sacrifice. Celle d’un fils qui a dû choisir entre le drapeau de son pays et le futur de sa mère. Et dans ce choix déchirant, c’est le cœur d’un fils qui a parlé le plus fort.




Moun ki ekri atik sa-a mwen pa konnen motivasyon reyèl li. Li chwazi chita nan emosyon. Reyalite a diferan. Tou dabo, nou pap pale de yon jenn 16 lane. Fok nou lonje dwet sou dirijan Ayisyen ki toujou ap fè granmoun jwe nan kategori timoun. Misye pa te jan vini nan seleksyon an ak lide pou li te ale jwe mondyal. Byen souvan jwe sa yo peye moun nan seleksyon an pou fè fo papye pou yo et ba yo plas. Misye se wout pou li imigre li tap chèche. Epi zafè li jwenn kontra-a, pa fè sa. Si li gen 16 an ( sou papye) e li pa Européen, pa gen okenn kleb ki kakap siyen kontra ak li. An plis, li se yon sa papye, pa gen okenn kote lap ka anregistre kom jwe. Si paspo misye pa nan men li men, li gen plis pwoblèm. Se nan klandestiniye misye prale viv. An nou tann pou nou we kombyen lot ki prale swiv. Mwen konnen sitiyasyon an pa bon lakay e tout jan bom pou yon jenn gason ( 20-25) ap panse kraze rak. Men se pa rezon pou ou mem jounalis pou ap dekri de bagay ki pa gen anyen pou we ak reyalite. Avan nou ekri fè kèk ti ankèt.