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Plusieurs plaintes déposées devant la Cour Pénale Internationale contre la FIFA et l’UEFA

Par Jean Renald

 

Une coalition d’athlètes palestiniens accompagnée de diverses organisations a déposé une plainte contre la FIFA et l’UEFA pour complicité de crime de guerre et de crime contre l’humanité le 16 février 2026 auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Les plaintes sont insérées dans un document de 120 pages._

Les accusés dans cette affaire :

Gianni Infantino et Aleksander Čeferin, respectivement présidents de la FIFA et de l’UEFA, ont été accusés de « complicité de crime de guerre et de crime contre l’humanité » par des organisations telles que Irish Sport for Palestine, Just Peace Advocates, Euro-Med Human Rights Monitor, Sport Scholars for Justice in Palestine, Scottish Sport for Palestine, ainsi que par une coalition d’athlètes palestiniens, le 16 février 2026 devant la Cour pénale internationale.La plainte en question a été déposée suite à l’installation de 11 clubs israéliens dans des colonies considérées comme illégales en Cisjordanie.

Aspect politico-historique de l’affaire :

Cette affaire revêt une portée plus politique que footballistique, bien que ce soient des acteurs du football mondial qui soient ciblés par la plainte.
Pour la perspective historique, au-delà du football, les deux peuples, israéliens et palestiniens, sont en conflit et entretiennent une animosité réciproque, issue d’un conflit qui remonte à l’époque des 2 guerres mondiales, notamment avec l’émergence du sionisme. Ce mouvement, initié par le Juif Theodor Herzl, visait à favoriser l’immigration juive par l’achat de terres en Palestine pour établir un État-nation destiné à protéger un peuple persécuté à travers l’Europe qui était sans territoire.Un projet d’État-nation soutenu par la Déclaration Balfour en 1917.
En fin de compte, les Juifs se sont installés en Palestine, mais la situation ne s’est pas déroulée comme prévu. Aujourd’hui encore, ces deux peuples sont plongés dans un conflit quotidien, l’appropriation des terres par les deux parties (colons et autochtones) constituant le cœur même de cette discorde. Ce sujet demeure l’un des plus divisibles au monde, voire le plus clivant, et cela se manifeste également dans le domaine du football, la discipline la plus populaire au monde.

Motifs contre la FIFA :

Les plaignants font valoir que l’article 64.2 des statuts de la FIFA interdit de jouer sur le territoire d’une autre fédération sans son accord. Selon eux, la Palestine n’a jamais donné son autorisation à la FIFA, dirigée par Gianni Infantino, pour que des clubs israéliens s’installent sur son territoire. Par ailleurs, ils soutiennent que ces colonies sont illégales au regard du droit international.

Motifs contre l’UEFA :

Malgré sa position géographique en Asie, plus précisément au Moyen-Orient, Israël bénéficie depuis plusieurs années de la possibilité pour ses clubs et sa sélection nationale de participer à des compétitions européennes, étant membre de l’UEFA sous la direction d’Aleksander Čeferin. Ce dernier est ainsi accusé, tout comme Infantino, en raison du soutien apporté par l’instance qu’il dirige aux équipes de football israéliennes.

Démarches entreprises au préalable :

« Depuis 15 ans, la fédération palestinienne demande l’exclusion de ces clubs qui violent les droits humains », dénonce Jill Thomson, porte-parole de Scottish Sport for Palestine, une association écossaise qui exerce une pression sur la FIFA et l’UEFA par le biais de pétitions, de manifestations et de plaidoyers juridiques. Elle ajoute : « La FIFA choisit son camp en ignorant nos morts, comme Suleiman Al-Obeid, le « Pelé palestinien », tué à Gaza. »

Faits et preuves avancés :

Selon Pressafrik, « le football palestinien est une cible de l’État d’Israël » : 898 membres de la communauté sportive palestinienne ont été tués en l’espace de deux ans, dont plus de 400 footballeurs, parmi lesquels Hani Al-Masdar, entraîneur adjoint de l’équipe nationale, et Mohammed Barakat, attaquant vedette de la sélection. Parallèlement, 292 installations sportives ont été détruites depuis octobre 2023.

Le célèbre stade de Yarmouk à Gaza a été détruit puis transformé en « camp de torture », témoigne Nader Jayousi, président du Comité olympique palestinien, dans un entretien accordé au Monde.

Jusqu’à présent, ni la FIFA ni l’UEFA n’ont répondu à ce sujet. Il reste à attendre pour voir si la Cour pénale internationale poursuivra l’examen de ce dossier, qui mérite d’être suivi de très près.

 

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