
Par Merlyne Pierre Louis
Les supporters du football haïtien n’en reviennent toujours pas. Selon eux, l’absence de Lourdjina Étienne, la star montante du football féminin haïtien, est le facteur déterminant de l’élimination de la sélection U20 des éliminatoires pour la Coupe du Monde Pologne 2026. Une absence ressentie comme fatale, alors que Haïti semblait avoir un groupe facile sur le papier, au regard des résultats passés.
En octobre 2024, Lourdjina a quitté Haïti pour rejoindre l’Olympique Lyonnais (OL) en France dans le cadre d’un stage d’un mois. Son absence s’est fait cruellement sentir au cours des éliminatoires, où Haïti se retrouvait dans un groupe que l’on pensait à sa portée. En effet, avec Antigua-et-Barbuda, le pays hôte, la Belize et la Guyane, Haïti faisait figure de favori, compte tenu de ses performances solides avec cette catégorie dans le passé.
Lors de la compétition CONCACAF Under championship, la sélection haïtienne a pourtant bien démarré avec une victoire 3-1 contre Antigua-et-Barbuda, puis une large victoire 4-0 contre la Belize. Cependant, une défaite 1-0 face à la Guyana a anéanti les espoirs de qualification. Haïti a terminé avec 6 points, à une unité de la Guyana, qui a pris la première place du groupe avec 7 points.
Lourdjina, qui aurait apporté son talent et son expérience, n’a pas pu rejoindre la sélection en raison de complications liées à son statut de mineure. En effet, elle ne pouvait pas voyager seule de la France aux États-Unis, en raison de l’absence de visa et des restrictions de voyage. De plus, la situation instable en Haïti a rendu son retour encore plus compliqué. Bien que son entourage ait rapidement informé la Fédération Haïtienne de Football (FHF) de son impossibilité de participer, l’impact de son absence a été profond.
Les supporters haïtiens sont convaincus que si Lourdjina avait été présente, l’équipe aurait eu plus de mordant et aurait certainement pu surmonter la Guyana pour obtenir la qualification. L’absence de cette joueuse, capable de bousculer les défenses les plus solides, a laissé un vide difficile à combler. Même si des joueuses comme Pierreline Nazon, Marie Ella, Dominique Désert et Néhémie Saint-Vilus ont fait leur possible, leur énergie seule n’a pas suffi.
Aujourd’hui, Lourdjina attend avec impatience les résultats de son stage à l’OL. Bien qu’elle ne puisse pas encore signer de contrat professionnel, elle devrait connaître son avenir au début du printemps 2025. Les fans de football haïtien espèrent qu’elle continuera à briller sur la scène internationale et qu’un jour, elle pourra contribuer à faire briller Haïti dans des compétitions majeures. Mais une question persiste : si elle avait été là, Haïti aurait-il franchi la barre de cette première phase des éliminatoires ? Un mystère qui laissera sans doute un goût amer longtemps dans les mémoires des supporters.



