
À l’approche du rendez-vous planétaire face à l’Écosse, plusieurs cadres et potentiels titulaires de la sélection haïtienne traversent une période sportive critique qui interroge.
À seulement 138 jours du premier match d’Haïti à la Coupe du Monde, face à l’Écosse, l’heure n’est plus aux projections optimistes mais à une observation lucide de la réalité. Si le talent ne manque pas dans le vivier des Grenadiers, la situation actuelle de plusieurs internationaux soulève de sérieuses inquiétudes. Perte de temps de jeu, absence de club, stagnation prolongée : autant de signaux qui, cumulés, peuvent peser lourd dans la préparation d’un rendez-vous aussi exigeant que le Mondial.
La première source d’inquiétude concerne Jean Kevin Duverne, dont le retour de blessure n’a pas encore produit les effets escomptés. Depuis, il a perdu sa place de titulaire à la Gantoise, un recul difficile à ignorer à ce stade de la saison. Dans le même temps, Ruben Providence, bien que bénéficiant de quelques minutes avec Almere City, peine à s’installer durablement, ce qui limite sa continuité et son impact compétitif.
La situation de Christopher Attys est tout aussi préoccupante. À l’approche de la fermeture du mercato hivernal en Europe, le joueur n’a toujours pas trouvé de club. Une inactivité prolongée à ce niveau compromet non seulement la forme physique, mais aussi le rythme de compétition indispensable à un international.
Autre dossier sensible : Fafa Picault. Libre depuis la fin de son contrat avec l’Inter Miami, l’ailier expérimenté se retrouve sans club, une situation inhabituelle pour un joueur de son calibre et qui pose question quant à sa préparation à court terme.
Du côté de l’USL Pro, Carl Fred Sainté traverse également une période de flottement. Depuis son dernier match avec El Paso Locomotive, le 1er novembre 2025, sa carrière semble au point mort. L’absence de compétition régulière freine inévitablement toute progression.
Enfin, Leverton Pierre, avec le FC Vizela, connaît une situation similaire : perte de place de titulaire, temps de jeu réduit et manque de constance. Autant de facteurs qui fragilisent son statut à l’approche des grandes échéances internationales.
Pris individuellement, ces cas peuvent sembler circonstanciels. Mais collectivement, ils dessinent une tendance inquiétante : une sélection nationale dont plusieurs éléments clés manquent de rythme, de stabilité ou de repères compétitifs.
À 138 jours du Mondial, Haïti ne peut se permettre le luxe de l’improvisation. La Coupe du Monde exige des joueurs affûtés, en confiance et régulièrement compétitifs. Il revient autant aux joueurs qu’à leur encadrement, agents, de trouver rapidement des solutions : relances, changements de clubs, plans individualisés.
Le temps presse. Car si le Mondial se gagne sur le terrain, il se prépare bien avant, dans les choix de carrière, la régularité et la constance. Les Grenadiers ont le talent pour rivaliser. Encore faut-il qu’ils arrivent prêts au combat.



