Peut-on questionner l’autoritarisme du comité de normalisation?

Entre improvisation, absence d’autorité et perte totale de crédibilité, le Comité de normalisation de la Fédération Haïtienne de Football vient d’offrir une nouvelle démonstration de son incapacité à diriger avec fermeté les affaires de la sélection nationale. Le dossier Sébastien Migné restera comme l’un des plus grands symboles de cette gouvernance hésitante.

Le football de haut niveau exige du leadership, de la rigueur et une capacité à prendre des décisions fortes. Malheureusement, dans le dossier Sébastien Migné, le Comité de normalisation de la Fédération Haïtienne de Football a donné l’image d’une institution qui subit les événements au lieu de les contrôler.

Le communiqué publié le mardi 14 juillet 2026 par la FHF annonçait une séparation “d’un commun accord”. Vingt-quatre heures plus tard, le communiqué officiel de la Fédération Gabonaise révélait qu’un accord existait déjà entre le Gabon et le technicien français et que seule la finalisation de sa libération retardait l’officialisation de sa nomination.

Cette succession des événements soulève une question fondamentale : qui dirigeait réellement ce dossier ? La FHF ou Sébastien Migné ?

Le communiqué gabonais est particulièrement révélateur. Il explique clairement que la FEGAFOOT avait déjà trouvé un accord avec Sébastien Migné et attendait simplement que les questions contractuelles avec Haïti soient réglées avant d’officialiser sa nomination.

Autrement dit, pendant que la FHF entretenait le suspense autour de l’avenir du sélectionneur, celui-ci semblait déjà avoir tourné la page.

Si l’on ajoute aux informations relayées depuis plusieurs semaines par le journaliste d’investigation Romain Molina, selon lesquelles Migné préparait déjà son retour en Afrique, certains iront même jusqu’à penser que le technicien connaissait sa prochaine destination avant même le début de la Coupe du monde.

Si tel est le cas, cela traduit un problème beaucoup plus profond : la Fédération Haïtienne de Football ne maîtrisait absolument plus la situation de son propre sélectionneur.

Un employeur sérieux contrôle les grandes étapes du contrat de son employé. Il anticipe, négocie et décide.

Ici, tout donne plutôt l’impression d’une fédération placée devant le fait accompli, incapable d’imposer son calendrier ou ses conditions.

Cette gestion ressemble davantage à une navigation à vue qu’à une véritable stratégie institutionnelle.

Le plus inquiétant reste l’image renvoyée au football international.

Pendant que le Gabon communiquait avec assurance sur son nouveau sélectionneur, Haïti semblait chercher la meilleure manière de justifier une décision qui ne lui appartenait déjà plus réellement.

Cette incapacité à maîtriser un dossier aussi sensible nourrit le sentiment d’un amateurisme institutionnel préoccupant.
Le départ de Sébastien Migné n’est pas le véritable problème.

Le véritable problème est la manière dont ce dossier a été géré.

Une fédération forte prend les décisions.

Une fédération faible les subit.

À travers cette séquence, le Comité de normalisation donne malheureusement l’impression d’avoir perdu l’autorité nécessaire pour défendre les intérêts du football haïtien.

Le football haïtien mérite une gouvernance capable d’anticiper, de décider et d’assumer ses choix, et non une institution qui semble constamment courir derrière les événements. Le dossier Migné devrait servir de leçon : la crédibilité d’une fédération se construit autant sur ses résultats sportifs que sur la qualité de sa gouvernance.

Par James Bake

Laisser un commentaire