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MJSAC Corruption : Peterson Iscente Desormeau dans le collimateur de l’ULCC

Par Grantorian Aelric

 

Un nouveau scandale de corruption secoue l’administration publique haïtienne et le monde du football national. Peterson Iscente Desormeau, actuel directeur départemental au sein du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) et team manager de la sélection nationale de football, figure parmi les hauts cadres accusés d’avoir détourné des fonds publics destinés à la célébration de la fête nationale du drapeau haïtien, selon un récent rapport accablant de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).

Selon ce rapport d’enquête accablant, Peterson Iscente Desormeau est formellement identifié comme l’un des responsables du détournement d’une somme estimée à plus d’un million de gourdes sur une enveloppe budgétaire de cinquante millions de gourdes alloués pour les festivités du 18 mai 2025.

Face à ces accusations graves, une question s’impose : Peterson Desormeau peut-il encore occuper le poste stratégique de team manager de la sélection nationale et conserver ses fonctions de directeur départemental ?

Une tache sur l’image de la sélection nationale

Ce scandale projette une ombre embarrassante sur la sélection haïtienne à un moment crucial de son histoire. Alors que les Grenadiers viennent de décrocher leur qualification historique pour la Coupe du monde et que les joueurs appellent unanimement à un renouveau, comment justifier le maintien d’un responsable pris en flagrant délit de détournement de fonds publics ? Conserver à ce poste un homme accusé d’avoir détourné des fonds destinés à célébrer le drapeau national constitue non seulement une insulte aux couleurs bicolores, mais également un affront aux joueurs qui transpirent pour redorer le blason d’Haïti. La Fédération Haïtienne de Football et le MJSAC ont aujourd’hui une responsabilité historique: montrer que le renouveau ne se limite pas aux discours. Suspendre immédiatement Peterson Iscente Desormeau en attendant l’issue de l’enquête judiciaire serait le minimum pour préserver la crédibilité d’une sélection qui aspire à écrire les plus belles pages de son histoire. L’heure n’est plus aux compromissions.

Un réseau de détournement au sein du MJSAC

L’enquête de l’ULCC révèle l’existence d’un véritable réseau de corruption impliquant plusieurs directeurs départementaux et cadres supérieurs du MJSAC. Aux côtés de Peterson Iscente Desormeau, les noms de Jean Emmanuel Eliacin, Rony Séjour, Monaster Fénélon, ainsi que d’autres responsables comme Onel Mael et Jean Enol Exinord apparaissent dans ce dossier explosif. « Ce montant constitue l’argent non retracé, détourné par plusieurs directeurs départementaux », affirme sans équivoque le rapport de l’ULCC. Une accusation grave qui met en lumière la faillite du système de contrôle interne au sein d’un ministère déjà fragilisé par des scandales à répétition.

Plus d’un million de gourdes volatilisées

Les investigations menées par la Commission d’enquête mandatée par l’ULCC ont permis de mettre à jour des irrégularités financières majeures. Sur les cinquante millions de gourdes décaissés par le Ministère de l’Économie et des Finances pour la célébration nationale, 46,168,345.50 gourdes ont été comptabilisées avec des pièces justificatives.

Toutefois, un montant de 2,606,204.50 gourdes demeure injustifié. Lors d’une perquisition effectuée le 16 juillet 2025 dans les locaux du MJSAC par les agents de l’ULCC, une somme de 1,225,450.00 gourdes a été saisie et mise sous scellé. Cette somme représente la partie émergée de l’iceberg d’un détournement systématique orchestré par Peterson Iscente Desormeau et ses complices présumés.

Des fautes administratives graves

Au-delà du détournement pur et simple, l’enquête met en évidence des fautes administratives graves commises par les responsables du MJSAC. La ministre Niola Lynn Sarah D. Octavius elle-même est pointée du doigt pour avoir passé illégalement des marchés publics, violant sciemment la réglementation en vigueur.

Dans le cas spécifique de Peterson Iscente Desormeau, les enquêteurs soulignent l’absence totale de rigueur administrative dans la vérification des pièces justificatives pour les dépenses engagées dans son département. Une négligence qui a facilité le détournement des fonds publics destinés aux festivités patriotiques.

Le rapport note également que « le coordonnateur de l’UCDD n’a pas fait preuve de rigueur administrative dans la vérification des pièces justificatives pour les neuf millions alloués pour les dépenses engagées dans les dix départements ». Cette défaillance a permis à des directeurs comme Peterson Iscente Desormeau d’opérer en toute impunité.

Violations flagrantes des règles de la comptabilité publique

Les dépenses engagées dans le cadre des activités commémoratives de la fête du drapeau de 2025 ont été payées au comptant, en violation des règles élémentaires de la comptabilité publique. Cette pratique opaque a facilité les malversations et rendu encore plus difficile la traçabilité des fonds. « Les dépenses engagées dans le cadre des activités commémoratives des festivités du drapeau de 2025 sont payées au comptant en violation des règles élémentaires de la comptabilité publique », déplore le rapport de l’ULCC.

L’ULCC recommande des poursuites pénales

Face à l’ampleur des malversations constatées, l’ULCC ne fait pas dans la demi-mesure. Dans ses recommandations finales, l’institution de lutte contre la corruption demande formellement la mise en mouvement de l’action publique contre Peterson Iscente Desormeau.

Le directeur départemental est passible de poursuites pour détournement de biens publics, une infraction prévue et punie par l’article 5.4 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption. S’il est reconnu coupable, Peterson Iscene Desormeau encourt de lourdes peines, conformément aux dispositions du Code pénal haïtien.

L’impunité doit cesser

Cette affaire intervient dans un contexte où les citoyens haïtiens exigent de plus en plus de transparence et de redevabilité de la part de leurs dirigeants. Le rapport de l’ULCC constitue une première étape indispensable, mais insuffisante.

Il appartient désormais au système judiciaire haïtien de prendre ses responsabilités et de traduire Peterson Iscene Desormeau et ses co-accusés devant les tribunaux. Seule une condamnation exemplaire pourra envoyer un signal fort : le temps de l’impunité est révolu.

Les contribuables haïtiens méritent de savoir que leur argent sert effectivement l’intérêt général, et non à enrichir une caste de fonctionnaires corrompus. L’affaire Peterson Iscente Desormeau doit marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en Haïti.

La justice doit suivre son cours, sans complaisance ni passe-droit. Le peuple haïtien attend des actes, pas des rapports qui finissent dans les tiroirs. Peterson Iscente Desormeau et ses complices doivent répondre de leurs actes devant la loi.

 

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