
La qualification historique d’Haïti pour la Coupe du Monde 2026 ne s’accompagne pas seulement d’un exploit sportif : elle ouvre aussi la porte à une prime de 16 millions de dollars US versée par la FIFA, destinée aux sélections participantes. Une manne financière considérable, surtout pour un pays où le football est frappé de plein fouet par l’instabilité nationale.
Une récompense rare dans une période sombre
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, Haïti n’a pas pu jouer un seul match à domicile. Le stade national Sylvio Cator est désormais inaccessible, la capitale est largement contrôlée par les gangs, et les Grenadiers ont dû livrer l’intégralité de leurs rencontres à l’étranger. Malgré cet exil forcé, malgré un fonctionnement sans QG stable, malgré les enjeux logistiques colossaux, l’équipe nationale a décroché son billet pour le Mondial.
La récompense financière que représente cette qualification apparaît donc comme un véritable ballon d’oxygène.
Un apport stratégique pour la FHF
Les 16 millions de dollars que percevra Haïti devraient soutenir plusieurs axes essentiels :
• La préparation du Mondial, incluant stages, déplacements, infrastructures temporaires et matchs amicaux.
• Le renforcement de l’encadrement technique, indispensable pour performer face aux meilleures nations du monde.
• Une stabilisation administrative, dans un contexte où chaque déplacement ou camp d’entraînement se déroule en territoire étranger.
Cette enveloppe, bien gérée, pourrait devenir l’un des leviers les plus importants du renouveau du football haïtien.
Un exploit qui dépasse le sport
La qualification d’Haïti ne se lit pas seulement dans les chiffres ou les primes financières : elle raconte une histoire de résistance. Une sélection obligée de s’entraîner loin de chez elle, un staff travaillant dans l’incertitude, des joueurs dispersés mais tous unis autour d’un même objectif : représenter une nation meurtrie, mais debout.
Cette place au Mondial 2026, cinquante ans après la première participation des Grenadiers en 1974, sonne comme un message d’espoir et de force.
Avec cette qualification et ces 16 millions de dollars, Haïti ne gagne pas seulement une place dans le plus grand tournoi du monde : elle gagne une occasion unique de reconstruire, de rêver et de se projeter vers un avenir meilleur.



