
Par Oranier C. Ocelian
Naomi Osaka, championne de tennis internationale d’origine haïtienne, ne se distingue pas seulement par ses exploits sportifs, mais également par ses prises de position sur des questions politiques et sociales liées à ses racines. Fille d’un père haïtien et d’une mère japonaise, Osaka a toujours mis en avant sa double culture. Récemment, elle a attiré l’attention en appelant la France à rembourser à Haïti la « dette de l’indépendance », une somme colossale exigée au XIXᵉ siècle en échange de la reconnaissance de l’indépendance haïtienne.
Un passif historique lourd
Après avoir obtenu son indépendance en 1804, Haïti a été contraint par la France, en 1825, de payer une indemnité de 150 millions de francs or (réduite ensuite à 90 millions) pour compenser la perte de la colonie et des esclaves. Cette dette, qualifiée d’illégitime par de nombreux historiens, a lourdement pesé sur l’économie haïtienne pendant plus d’un siècle, les derniers remboursements ayant été effectués en 1947.
L’impact potentiel d’un remboursement
Si la France décidait de restituer cette somme, l’impact sur Haïti serait majeur :
Infrastructures sociales : Reconstruction d’écoles, d’hôpitaux, de routes et de centres communautaires pour améliorer la qualité de vie de la population.
Économie : Investissements dans l’agriculture, l’industrie et l’entrepreneuriat pour créer des emplois et stimuler la production locale.
Éducation et sport : Création de centres de formation pour les jeunes dans divers domaines, y compris le tennis, afin de soutenir les talents émergents.
Culture et rayonnement international : Soutien aux artistes et athlètes haïtiens pour les faire briller sur la scène mondiale, à l’image de Naomi Osaka.
Un coup franc bien placé
La prise de position de Naomi Osaka est comparable à un coup franc magistral contre la France : une frappe directe dans la conscience historique d’une ancienne puissance coloniale qui a longtemps ignoré les injustices commises. En utilisant sa notoriété pour aborder cette question, Naomi sert de porte-parole à une cause qui mérite une attention internationale.
Un jour, peut-être, cette initiative incitera la France à reconnaître que la réparation de ces torts historiques est essentielle pour la justice et la paix. En attendant, des voix comme celle de Naomi Osaka continueront de mettre en lumière cette vérité trop longtemps occultée.



